Signature de Québec : un accent qui déçoit

18 novembre 2014 |

Chaque fois qu’un gouvernement ou qu’un organisme public ose investir en branding, on entend les mêmes rengaines : ça coûte cher, ça ne sert à rien et ce n’est même pas bon! Il faut donc avoir une bonne dose de confiance pour initier un tel chantier. C’est pourtant ce que la Ville de Québec vient de tenter avec sa nouvelle signature «L’accent d’Amérique».

Je vous épargne mon opinion sur l’aspect supposément coûteux ou inutile de ce projet. Vous savez évidemment à quelle enseigne je loge à ce sujet! Nous vivons dans un monde d’image.

«Nier l’importance de développer une marque forte pour vendre un produit (ou une ville), c’est l’équivalent de vivre dans un monde de Calinours où la vérité gagnerait sur la perception. Though luck!»

Mon soutien au projet présenté par le maire Labeaume la semaine dernière s’arrête toutefois à ce petit coup de gueule, car le résultat de la démarche est décevant à plusieurs égards. La proposition sent l’intellectualisation à plein nez. À l’évidence, nous sommes loin d’un slogan osé et émotif qui pourrait changer la donne touristique.

La signature visuelle est également le fruit d’un beau désastre consensuel. Comment expliquer autrement cette lourdeur? Deux images incompatibles qu’on colle ensemble et voilà tout le monde satisfait. On dira que Québec a conservé ses acquis tout en évoluant vers l’avenir. Magique.

Aux dires du maire qui semblait presque gêné de présenter cette signature étrange qu’il ne faudrait surtout pas confondre avec le «I Love New York» (fallait-il le préciser!), «L’accent d’Amérique» représenterait plutôt l’affirmation collective, une manière de revendiquer notre droit d’être le porte-étendard des francophones du continent. Je suis muette, sortez les bruits de criquets. Est-ce qu’on fait dans la caresse de notre égo national ou dans le marketing? Qui a pensé au touriste international dans tout ça? Je serais bien curieuse de voir les focus groupes réalisés avec des Asiatiques. Oups, on a dû manquer de budget!

Alors, c’est quoi Québec? Une ville où l’on parle français sur un continent anglophone? Montréal joue déjà cette carte avec beaucoup plus de finesse avec sa signature «À la Montréal».

Lors la présentation de la nouvelle signature, le maire aura donc été bien sage de minimiser l’impact potentiel de cet «accent d’Amérique». Avec une image qui engendre plus de perplexité que de désir, on sera chanceux que cela ne nuise pas.

À la semaine prochaine!

😉

Stéphanie

Ce texte a originalement été publié dans le blogue Marketing & Cie.

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