Mahée Paiement, conceptrice publicitaire?

9 octobre 2012 |

BLOGUE. Une initiative de sensibilisation à l’allaitement dans les lieux publics a fait beaucoup jaser au Québec la semaine dernière. La plantureuse Mahée Paiement, que l’on savait ex-mannequin, comédienne et entrepreneure en parfumerie, s’est donc aussi lancée dans la conception publicitaire. La campagne « Allaiter, c’est glamour », c’est son concept.

Je ne crois pas que ce soit le début d’une grande carrière.

Beaucoup de chroniqueurs se sont déjà exprimés sur la question. Des commentaires purement mononcles aux montées de lait les plus féministes, tout le monde semble, à sa façon, mettre le doigt sur le bobo : cette campagne rate la cible.

Quand la maman ordinaire sort de sa maison avec bébé, elle va au centre commercial, au resto du coin, au parc, à la bibliothèque… mais rarement dans une soirée vêtue d’une robe de soie et chaussée d’escarpins de dentelle.

Si on avait voulu parler de l’allaitement en public, il aurait fallu camper la belle Mahée ailleurs que dans ce décor. Le tout n’en aurait été que plus intéressant puisque Mahée Paiement en maman ordinaire, c’est un contre-emploi qui, en soi, pique la curiosité. La voir dans une scène de la vie quotidienne, belle au naturel, nous aurait fait oublier son personnage de fille sexy. On aurait alors pu se concentrer sur son message. Une Mahée Paiement qui allaite dans un endroit passant, habillée en mou et coiffée d’une queue de cheval… voilà qu’on parle déjà d’un concept plus efficace pour sensibiliser la société au phénomène de l’allaitement en public.

Au lieu de cela, le débat a bifurqué sur la culpabilisation dont font l’objet les femmes à qui l’on demande d’être parfaites : des dynamo au boulot, des cuisinières de tartes aux pommes bios à la maison et des Mahée Paiement au lit.

C’était prévisible, parce que les nouvelles mamans sont émotivement vulnérables. Beaucoup de jeunes mères sont moins sûres d’elles physiquement et peuvent être moralement épuisées. En leur balançant une Mahée Paiement glamour qui allaite entre deux martinis, on les pique au vif. Ça ne prenait pas un grand psychologue pour réaliser qu’on touchait à une corde sensible.

Et ce n’est pas tout. En jouant les starlettes qui allaitent, Mahée Paiement a poussé la superficialité jusqu’au ridicule. Tant qu’à y être, déclinons l’idée avec d’autres scènes tirées de la vie quotidienne: la poupoune qui allaite en s’entraînant au gym, en se faisant refaire les ongles ou dans sa décapotable, le cellulaire à la main? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?

À la semaine prochaine!
😉
Stéphanie


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